Le symbole du lion à travers l'histoire de l'art

Du grec leo signifiant “roi”, le lion endosse au fil des âges une symbolique noble et puissante. 

Durant l’Antiquité, le lion incarne un rôle principalement protecteur, il est souvent lié à la royauté, comme en témoignent les lionnes gardant l’entrée de la cité d’Agammemnon.

Détail du linteau de la Porte des Lionnes, c. 1250 av. J-C,
pierre granitique taillée, Mycènes

Durant l’ère chrétienne, le lion est rattaché à plusieurs figures bibliques comme saint Jérôme ou saint Marc. Il représente la force du croyant combattant le péché, la justice et fait également référence à la Résurrection. Il pouvait aussi incarner une connotation négative en évoquant l’orgeuil.

Maître de Cabestany, Chapiteau représentant un lion,
XIIe siècle, cathédrale de Prato, Italie

Durant les temps modernes, un grand réalisme et une rigueur scientifique sont mis en place dans la représentation du lion. Sa symbolique chrétienne de force et de courage est alors combinée aux idéaux humanistes de l’époque. On peut citer comme exemple Daniel dans la fosse aux lions de Pieter Paulus Rubens dans laquelle la foi inébranlable de Daniel le place sous la protection divine face aux lions.

Rembrandt, Lion au repos, 1648-50, dessin sur papier,
13,8 x 20,7 cm, Musée du Louvre, Paris
Pieter Paulus Rubens, Daniel dans la fosse aux lions, 1614-16, 
huile sur toile, 224,2 x 330,5 cm, National Gallery, Washington DC

A l’époque contemporaine, le lion conserve sa signification positive. Les peintres romantiques préfèrent cependant représenter un lion mélancolique, parfois âgé. Il évoque une gloire passée ou une force en déclin. Il est parfois utilisé pour établir un parallèle entre le caractère de l'animal et des émotions humaines telles que la passion ou la lutte.

Rosa Bonheur, Lion ou Le Guetteur, c. 1841-1899, huile sur toile,
45,1 x 61,6 cm, Coll. privée

Le Lion de Lucerne a pu être une source d'inspiration concernant la position de "défense" du Lion de Belfort. En effet, Bertel Thorvaldsen sculpte un lion retiré dans une grotte, le flanc percé par un tronçon de lance. Il agonise en position recroquevillée tout en gardant sa patte prête à se défendre une dernière fois. Sa physionomie exprime la douleur morale de la défaite et véhicule un sentiment mélancolique. Bien qu'on ne puisse savoir avec certitude si Bartholdi est allé voir le Lion de Lucerne, il est certain que Charlotte Bartholdi, la mère de l'artiste, possédait dans sa chambre une réduction en marbre de cette oeuvre.

Bertel Thorvaldsen, Lukas Ahorn, Lion de Lucerne, 1820-1821, grès, Suisse, Lucerne