
Bartholdi choisit de représenter le Lion de Belfort dans une position couchée et majestueuse. Le choix artistique de la pose et du le caractère de l'animal font écho à la résilience et à la patience dont ont fait preuve les Belfortains durant le siège. L’animal apparaît comme âgé, mûr et fatigué des combats menés mais toujours victorieux et dignes. Aussi, cette tranquillité et majestuosité peuvent également être expliquées par le projet initial qui prévoyait de le mettre en scène dans un lieu de recueillement.
Le traitement plastique de l'animal témoigne d'études minutieuses. En effet, Bartholdi a eu l'occasion d'observer beaucoup de représentations de sphinx durant son voyage en Egypte. Ceci étaye l’hypothèse de l’influence égyptienne des sphinx pour le Lion de Belfort.
L’étude du champ lexical utilisé dans les articles de presse pour qualifier le Lion révèle l’emploi régulier des termes "Colossal", "Énorme", "Majestueux" et "Grandiose". La taille originale de l'œuvre de Bartholdi évoque alors la grandeur de ses ambitions, en accord avec celles des débuts de la IIIe République. Armand Dayot, inspecteur général des Beaux-Arts déclare : "L'œuvre de Bartholdi est considérable, à cet esprit largement ouvert aux aspirations les plus hautes, il fallait des expressions qui fussent comme les symboles géants de ses rêves".
Malgré cette reconnaissance publique, suite à un différend entre la municipalité et le sculpteur, le lion ne connut pas d’inauguration officielle, mais une simple manifestation des Belfortains et de Bartholdi en août 1880. Finalement, classé comme monument historique en 1931, Le Lion de Belfort est inauguré officiellement en 1981.