Bien qu’absent du champ sculptural depuis des millénaires, la chute du Second Empire aura une influence importante sur la représentation des monuments aux morts.
Les monuments honorent souvent des figures historiques victorieuses, tandis que ceux dédiés à des groupes d'individus ou à des armées vaincues restent rares et peu répandus. Leur représentation inspirera aux artistes des nouveaux thèmes pour rendre hommage au courage des dizaines de milliers de soldats morts pour leur patrie.
L’avenement de la IIIe République permet l’essor de ces monuments. La jeune république, en quête de légitimité et de stabilité, s’empare de ces héros afin d’en faire un idéal. Certaines allégories apparaissent pour emporter au champ de Mars les soldats les plus valeureux, comme dans la Gloria Victis d’Antonin Mercié.
Ainsi, l’absence de modèles de monuments aux morts laisse aux artistes une certaine marge de manoeuvre pour la réalisation de leurs compositions, en témoigne la multitude de versions du Lion de Belfort. Bartholdi a su innover dans son vocabulaire et sa symbolique pour rendre hommage à ces belfortains morts pour la France.
