Largillierre touche la sensibilité du spectateur en priorisant la couleur dans son art. Il prend une liberté dans la dislocation des plans et utilise un traitement particulier de l’espace ainsi que de la lumière afin d'utiliser toutes les parties du tableau. Largillierre a vu et étudié la nature en la copiant pendant plusieurs années, ce qui lui a permis de manipuler l’espace à volonté. De plus, avant d’être portraitiste, il faisait beaucoup de natures mortes, mais également quelques paysages pendant sa période anglaise. Ses précédents tableaux de paysages justifient la qualité des arbres que l’on aperçoit au coin gauche en arrière-plan du portrait, qui peuvent faire allusion au jardin de la femme.
Pour le réaliser, il s’est inspiré d'Anton Van Dyck, peintre flamand, dans le traitement doux de la lumière qui se diffuse ainsi que dans la représentation tout en légèreté de ces feuilles d’arbres, rappelant le portrait du Lord Philip Wharton de 1632 réalisé par Anton Van Dyck, avec un paysage idyllique diffus en fond.

Dans le portrait de Marguerite Elisabeth de Largillierre, le spectateur découvre les arbres de manière progressive, ceux-ci apparaissant de plus en plus clairs vers le sommet. Les feuilles sont de plus en plus sombres vers le côté gauche de la scène. Le soleil les éclaire directement par la droite, ce qui est visible par les rehauts jaunes sur les feuilles. Derrière cet arbre, un épais brouillard recouvre le ciel et laisse deviner d’autres arbres à l’arrière.