Maquillage

Pour les portraits féminins, la flatterie et l’apparence sont la clé de la représentation. L’artiste donne une apparence plus jeune au modèle, atténue ses rides, les défauts de son visage, agrandit ses yeux et diminue sa bouche afin de correspondre aux critères de beauté de l'époque. Louis Tocqué, un portraitiste français (1696-1772) a mis en place un code qui imposait de se farder plus ou moins lourdement selon son rang. C’est ce que remarquent les frères Goncourt : « Le rouge de la femme de qualité n’est pas le rouge de la femme de cour ; le rouge d’une bourgeoise n’est ni le rouge d’une femme de cour ni le rouge d’une femme de qualité ni le rouge d’une courtisane : il n’est qu’un soupçon de rouge, une nuance imperceptible. ». Dans ce portrait, l’accentuation du rouge sur les joues de la femme montre son appartenance à une classe sociale élevée.

Pour ses portraits, Nicolas de Largillierre utilise de nombreux artifices pour dépeindre la psychologie de ses personnages, comme ici avec le maquillage, mais également par le choix de couleurs douces et claires tel que dans le portrait de la religieuse Élisabeth Throckmorton peint en 1729, afin de refléter sa foi.

Nicolas de Largillierre, Elisabeth Throckmorton,
Chanoinesse de l'ordre des Dames Augustines Anglaises, 1729,
huile sur toile, 81,5x67,3 cm, Washington, National Gallery of Art.
Source : Mijotoba, 2008 via Wikicommons
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